Les évènements voile au travers de l’INPI

Alex Picot, ex-Chef de projet sur le Tour de Belle-Ile, fondateur d’Ocean Serenity, s’est baladé à l’INPI, du moins dans leur base de données associée aux marques. Il en ressort des informations très intéressantes, surprenantes même, concernant le monde de la voile et de ses grands évènements. Je lui ai demandé s’il pouvait partager ces découvertes, au travers d’un article, et c’est avec plaisir qu’il s’est prêté à l’exercice. Le voici donc.

Dépôt de marque et Evénements voile en France

La base de données des marques de l’INPI (http://bases-marques.inpi.fr/) au delà de son aspect pratique qui permet à quiconque de vérifier qu’une marque n’existe pas déjà, est riche d’enseignement : on y retrouve toutes les marques françaises déposées depuis la création de l’Etablissement National de la Propriété Industrielle en 1951 avec notamment la date de dépôt, les classes (et sous ensembles)  pour lesquelles le produit ou service est déposé (pour info, il existe 34 classes de produits et 11 classes de service dans la classification de Nice), le dépositaire, ainsi qu’un historique des modifications pas toujours évident à comprendre selon si le dépôt initial à été modifié/cédé/complété ou si un nouveau dépôt a été effectué.

S’il n’est pas possible en France de déposer une idée (et donc une idée d’événement), il est logique que les organisateurs de course cherchent à protéger le nom de leur création, notamment quand celui ci est original ou renvoi à un événement très spécifique et identifié comme tel.

Aussi à l’exception de quelques épreuves d’importances secondaires (Grand Prix Guyader, Obelix Trophy par exemple), tous les grands événements voile ont leur nom déposer sous la forme d’une marque à l’INPI au moins pour la classe 41 (services) qui englobe les «  Activités sportives et culturelles » et notamment les  « services de divertissement sous forme de courses nautiques » ; l’ « organisation et conduite d’évènements sportifs, y compris compétitions, démonstrations et courses nautiques » ; et les « services d’informations sur les compétitions, démonstrations et courses nautiques ».

Il m’a semblé intéressant de faire une petite étude factuelle afin de relever quelques infos de cet outil appliqué à un domaine qui nous intéresse, l’événementiel voile.

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Yearbook SLG – Sailing/Voile

Une petite semaine vélique, et, digitale

Quoi de neuf ou de plus ou moins original sur Web cette semaine ?

1/ L’application pas trop moche, simple mais efficace pour suivre le record de Thomas Coville à bord du maxi trimaran Sodeb’O. Celui de la route de la découverte. Disponible pour iPhone et Androïd. Tant pis pour Windows Phone…

2/ Les joies de la régates. Les blogs Tumblr mêlants scènes du quotidien dans un domaine particulier, et des GIF animés. C’est tendance. Le monde de la voile et plus particulièrement de la régate n’échappera pas à cette tendance. Très drôle.

Quand t’hésites entre le spi lourd et le spi léger

3/ Cette semaine il y a eu le suspens malheureux concernant Alain Delord, parti pour faire un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance à bord de son A35 et qui a démâté près de la Tasmanie. Le bateau coulé, le marin a été sauvé après quelques jours passés dans son radeau de survie. Après un suivi sur Twitter par des journalistes de Voiles & Voiliers, Voile Magazine par exemple, on peut trouver un récit du sauvetage original puisque disponible via la publication de statuts sur une page Facebook. Celle d’Orion Expedition Cruises dont le navire a été dépêché pour le sauvetage.

 

4/ Enorme succès pour la chaîne Dailymotion dédiée au Vendée Globe :

 

5/ Dans le cadre de la construction du monotype VO65, l’organisation a mis en place une série Web TV. Leur road trip en europe car ce monotype est contruit par ailleurs en France via le chantier Multiplast.

6/ Enfin, désormais, aujourd’hui, passer le Cap Horn se tweet ;)

 

Bonne semaine à tous, le weekend prochain, il y aura peut-être un direct des Sables d’Olonne. Oui, ils arrivent déjà !

L’organisateur a tous les torts

C’est ce qui ressort via les commentaires, d’amateurs éclairés ou non, même de professionnels de la voile, lorsqu’une polémique éclate, qu’il y a un mécontentement, justifié ou non, lors de ce Vendée Globe.

Que l’on puisse être affecté par l’abandon d’un skipper, la décision très dure et difficile à accepter venant d’un jury, je le comprends tout à fait. Moi même je le suis. On peut exprimer son avis mais il faut aussi mesurer ses propos en public non ?

Lire que l’organisation du Vendée Globe fait preuve de lâcheté en supprimant Bernard Stamm de la cartographie suite à son abandon, c’est assez… hallucinant, je trouve.

Cartographie (map) = positionnement des bateaux. Si pas de positionnement (le skipper a abandonné, il n’envoi plus sa position), pas de carto, d’identification sur une map. Cela est relativement simple à comprendre je pense. Ou du moins, on peut communiquer dessus pour la compréhension de tous. Ceci est une autre histoire, c’était mon premier point.

Mon second point, est qu’il est présent sur la cartographie le gars Bernard, dans la liste des skippers, là, à droite. C’est une course, qu’on garde bien cela en tête. Il est indiqué comme hors-course à l’instar de Samantha Davies, Vincent Riou et autres skippers qui ont du abandonné. Ça change quoi de le voir sur la map ? On se focalisera de toute manière plus en avant de la course, et cela évitera qu’un mec qui n’a pas suivi l’abandon, pense qu’il est toujours en course. Bref, on distingue bien ceux en course, tous les participants (abandons inclus). La carto fait son job.

Par ailleurs, il n’y a eu aucun soulèvement concernant la suppression de la carto des précédents abandons il me semble.

Si l’on désire suivre le rapatriement de Bernard Stamm, le travail est de la responsabilité du team  s’il souhaite communiquer dessus, ou non ! Comme l’ont fait Maître Coq, Savéol, Groupe Bel… Comme ne l’ont pas fait Safran ou PRB (ou dans une bien moindre mesure).

Oui mais c’est comme ça, avant de comprendre et tourner n fois sa langue dans sa bouche, on insulte (car c’est facile) l’organisateur, sans qui cette course n’aurait pas été si réussie. Parce qu’elle l’est. Avec ses défauts comme ses qualités. Avec ses joies et ses tristesses.

Voile & Stratégie par Eurolarge – Les enjeux à venir

Comment se porte le secteur de la course  au large ? Pour commencer, voici la vision des interlocuteurs de la première partie de cette conférence Voile & Stratégie organisée au Nautic le 07 décembre 2012  par Eurolage Innovation (vidéo en fin d’article) :

  • Gilles Chiori, directeur sportif chez Pen Duick : un secteur mâture et qui se contracte, il va falloir innover malgré le fait qu’il y ai beaucoup d’opportunités
  • Henri Bacchini, vice-président à la Fédération Française de Voile, responsable du secteur habitable (et du calendrier…) : le secteur est dynamique et complexe dans les choix, et note que toutes les classes inflationistes se sont toujours arrêtées (comprendre, à l’inverse de la monotypie)
  • Laurent Lachaux, directeur marketing chez A.S.O.1, nouvel arrivant dans la voile mais avec une vision déjà très pragmatique : la perception de quelque chose d’attractif, mais d’une complexité « effroyable » pour le grand public. Les gens ont besoin de repères simples, d’un spectacle beau, accessible donc et de proche. Très optimiste quand aux possibilités de ce secteur ce Laurent !
  • Manfred Ramspacher, directeur de Sirius Evenements : évoque le passage d’un certain romantisme de l’organisateur à la rationalisation due à la baisse des budgets chez les collectivités. Il reste cependant encore de belles opportunités avec des évènements pourtant historiques qui vivront tant qu’ils seront bien gérés. De nouveaux évènements sont à saluer comme le Sailing Arabian The Tour, adaptation du tour de France à la Voile. Preuve que nos épreuves peuvent rayonner à l’international.

Ce qui m’a marqué dans cette vidéo, c’est que l’on voit immédiatement la différence dans le discours, entre une personne du marketing sportif et une personne de l’organisation sportive de l’évènement. Là où Gilles Chiori parle d’innovation sportive dans l’organisation, un Laurent Lachaux nous parlera des nouveaux médias. C’est le plus a l’aise pour en causer, normal, et ça se voit !

On ne vend plus seulement du rêve, de l’aventure ou de l’extrême, mais d’abord un produit marketing bien ficelé (ça me rappelle un certain Ken Read lors d’une conférence à Lorient où il indiquait ne pas faire de voile mais vendre des shoes). Surtout qu’il y a un vrai savoir faire en France, la preuve avec le public toujours très important par rapport à des évènements similaires (du moins, voile) à l’étranger.

Et en parlant de concurrence, elle est interne. Beaucoup d’évènements, petits et grands (7800 courses, 1400 courses de grade 4, une dizaine de niveau mondial), beaucoup de supports différents et une tranche de temps à se partager assez réduite sur une année. Priorité aux anciennes épreuves indique Henri Bacchini. Quant aux nouvelles venues, il faudra se trouver un créneau… Le paradoxe comme l’indique Manfred, c’est que l’on a besoin de cette exhaustivité, pour détecter des talents, des supports et valoriser ce sport

Surtout que « c’est dans l’intérêt de personne » qu’un évènement puisse marcher sur la tête d’un autre dans une tranche temporelle commune. 2012 fût une année particulière…

Si on résume, les enjeux pour une course au large : un produit marketing (façon XXIème siècle) à présenter aux collectivités, de l’innovation sportive, une bonne médiatisation, de l’interactivité pour desservir une expérience unique et gratuite pour le spectateur. Et une entente cordiale sur le planning :-)

Une phrase de Laurent Lachaux parlant de l’évènement en tant que tel, phrase que j’ai beaucoup aimé : « nous organisateur, on doit le médiatiser, et la médiatisation passe par les hommes ». L’essentiel, toujours l’essentiel.

  1. Amaury Sport Organisation

Twitter On Board – #VG2012 – 4

Depuis une semaine, quelques skippers jouent à un jeu bien particulier et inédit pour un Vendée Globe : tweeter depuis leur bateau. Ils sont deux : François Gabart du team Macif et Alex Thomson du team Hugo Boss. Alex Thomson va jusqu’à commenter l’actu, François à répondre aux tweets qui le mentionnent. Incorrigibles :-)

Comment créer de l’engagement pour un coût très modéré ? Prenez un skipper avec une certaine sensibilité à Twitter, mettez-le sur un bateau, dites lui de faire un tour du monde. Pas besoin de secouer, c’est déjà prêt.

Alex Thomson est le plus logorrhéique des deux :

François l’avoue volontier après avoir cherché la définition de ce mot sur Internet

Et quand une partie du classement est communiqué par le skipper lui même, avant presque tout le monde, et bien la boucle est un peu blouclée…

Et je passe sur les remerciements entre skippers concernant le record de distance parcourue en 24H, les anniversaires etc.

Au premier abord, cela peut sembler assez étrange comme situation. Moi même, c’est vous dire, je me suis posé la question : on en fait pas un peu trop là ? Je veux dire, il s’agit d’une course en solitaire, sans assistance, assez extrême… Ces skippers devraient avoir la vie dure sur l’eau là ! Ils devraient être en manque de communication car personne à qui parler, ou en tout cas, de manière régulière. C’est difficile comme course quoi !!

Bah non, la course, les bateaux sont extrêmes mais à priori assez « confortables » pour lire les actus du jour et participer aux conversations via une plateforme sociale. Envoyer deux ou trois images voir vidéos, demander à la planète comment se raser etc.

C’est une course difficile, clairement. Dans le cas contraire, il n’y aurait pas ces abandons, ces avaries, ces mois voir années de préparation… Mais aujourd’hui, la technologie, le progrès propose et donne une autre saveur, bien particulière mais que l’on peut trouver dans d’autres disciplines sportives pourtant. Un partage sans limite pour le plus grand bonheur… des fans.

La communication a pris l’ascendant sur l’aspect sportif. Tant mieux, le sponsoring ne peut que s’en réjouir. Non ?