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Notes numériques et véliques

Multicoque : le bateau de demain ? (part. 01)

Je suis allé à une conférence organisée par Eurolarge Innovation et dont le sujet concernait le multicoque (et dont l’intitulé est le titre de cette série d’articles). Au passage, journée bien goupillée car le jour même, le Salon du Multicoque édition 2010 ouvrait ses portes sur la BSM de Lorient.

Je vais en profiter pour écrire ici quelques petites choses que j’ai retenu. Des choses écrites sur papier pendant les débats, tout en twittant et écoutant bien entendu (quand un Fred Le Peutrec, un Bruno Peyron ou autre Vincent Lauriot Prevost parlent, on écoute, forcément ;-)) Précision : c’est Pierre-Yves Lautrou qui animera cette journée.

La matinée commence par une petite introduction de Frédéric Morvant, organisateur du Salon. Il en profite pour glisser sa satisfaction  car sur les 25 unités attendues, il y en aura finalement une cinquantaine. Une réussite donc.

La première partie de matinée résumée dans cet article : Historique du multi, point de vue d’un architecte et le projet Hydroptère.

Historique du multicoque :

Dominique Bourgeois, journaliste à Course Au Large nous fait un sacré historique sur le multi qui n’est pas une architecture française puisque son apparition date d’il y a plusieurs dizaines d’années en Chine, Polynésie… De plus, un multi servait à faire du fret. Rigolo quand on voit qu’aujourd’hui, le acteurs du fret s’intéressent de très très prêt par le multi. On y reviendra dans un prochain article.

1947, premier cata de course, capable d’aller à plus de 20 noeuds. On se souviendra aussi de Manureva et d’Alain Colas. Il y eu une certaine effervescence du multi jusqu’au Formule 40 (au revoir le spi, bonjour le gennaker)…

Dominique Bourgeois en profite aussi pour donner son avis, défavorable, à certaines décisions de l’ISAF et FFV. Notamment sur la suppression du support Tornado pour les prochains JO. Et là, la grande gueule (sans méchanceté aucune) est lancée. Plus de sport et moins de politique demande t-il ! La Class No Limits en prend aussi pour son grade avec son « celui qui a la plus grosse gagne ».

Bref, plus de 40 ans d’histoires en 30 minutes environ. C’est une performance. Le mot de la fin ? « Sur un multi, on tient pas la barre sans tenir les écoutes »

Point de vue d’un architecte

Gilles Ollier, architecte et fondateur de Multiplast, un chantier spécialisé dans la construction de multicoques (Groupama par exemple). Ce dernier nous éclairera sur l’architecture en générale sur les multi.

Pour lui, d’énormes évolutions sont apparues entre 1970 et 1985. Pendant cette période, une quarantaine de multi prenaient part à des courses. La bascule ? La Route du Rhum en 1978, où un multi arrive à terminer premier, 98 secondes devant un monocoque. Depuis, un multi termine toujours devant un monocoque. Une chose est acquise donc : un multi ira toujours plus vite, en taille équivalente.

La difficulté majeure dans la conception d’un multi, ce n’est pas le dessin de la carène comme sur les monocoques, mais les structures qui par conséquent supportent beaucoup plus d’efforts.

L’histoire de Multiplast est aussi très intéressante. Gilles Ollier avait un programme complet (dessin bateau, skipper, partenaires…) mais une chose lui manquait : un chantier qui accepterait de construire son canot. Le résultat est donc la création de Multiplast et le succès que l’on connait depuis.

Gilles Ollier nous parle rapidement aussi du cycle de vieillissement très important sur des multi qui devrait être plus sérieusement pris en considération par certains achitectes. Faire un Orange 2 plus léger ? Pourquoi pas, mais il ne faut pas exagérer et faire très attention…

Son multi idéal ? Un catamaran, qui est plus marin que les multi trop extrêmes vu les conditions (météo viable qu’à 5,6 jours au moment du départ, très court donc sur un tour du monde, passage de la porte Horn…).

Un petit mot de la fin par Dominique Bourgeois : « Un multi de 45 mètres ? C’est pas très long ! » :-)

Le fabuleux hydroptère

La matinée se terminera par l’intervention de Jean-Mathieu Bourgeon, responsable R&D sur le projet Hydroptère. Un historique là encore impressionnant où le premier élément qui fait vivre ce projet est la passion sans commune mesure qui anime toute l’équipe, les mécènes impliqués financièrement, et la ténacité d’Alain Thébault.

On retiendra que l’hydroptère, plus qu’un bateau est un véritable instrument de mesure avec tous les appareils qu’il embarque. Une grosse boîte noire raccordée à moult systèmes électroniques.

Une définition : l’arrêt buffet. Ou comment passer de 20 noeuds à 0 en deux secondes.

A suivre…

Le prochain article abordera les sujets de la deuxième moitié matinale : Jules Vernes, The Race et le MOD 70 (Multi One Design). Restez connectés !

En attendant, si vous avez envie de réagir sur cet article ou cette journée si vous y étiez, n’hésitez pas. Faut juste écrire dans la boite en dessous ;-)

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1 Comment

  1. Emily 02/06/2010

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