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Notes numériques et véliques

Le site de la coupe, et le protocole

Le site dédié à la Coupe de l’America est plutôt chouette, côté design :

Une page d’accueil épurée mais qui affiche un certain dynamisme. La sélection de la langue (en haut à droite, le petit globe) met à jour les informations présentes dans le pied de page. Vous sélectionnez le français, vous avez les dernières infos concernant les challengers français engagés. Sympa.

Pas beaucoup d’entrées sur cette page d’accueil, ce qui est suffisant pour les contenus aujourd’hui à présenter.

Mais ce site fait parler de lui, via le protocole de l’évènement qui pose quelques règles. En préambule, je vous conseille la lecture de cet intéressant article[en].

Résumé : le protocole indique que les teams doivent rediriger leur nom de domaine (s’ils en avaient déjà un, avec un site par exemple) vers un espace qui leur est dédié sur le site officiel. Team New Zealand proteste donc, pour plusieurs raisons : le team ne participe pas seulement à la coupe, mais aussi à l’Audi Med Cup, au circuit des Extreme Sailing Series, et de plus, a prévu de mettre en place un dispositif online et social avec quelques uns de leurs sponsors et partenaires.

La question que je me pose, c’est comment peut-on obliger les participants à revoir leur copie en ce qui concerne leur stratégie online ? On est sur la Coupe de l’America, où le ou les sponsors ne sont pas les petites entreprises locales. On cause en millions, on cause d’un évènement majeur de la voile au niveau mondial. Et l’identité de marque de chacun de ces challengers ?

Comme le met en avant Richard Gladwell dans son article, imaginez la visibilité des sponsors de chacun des teams dans un espace commun !

Aujourd’hui, si vous tapez energyteam.fr, vous êtes redirigés vers http://www.americascup.com/fr/equipages/Energy-Team/Latest/ soit :

Pour info, Corum, la célèbre marque de montres de luxe est le sponsor officiel du team mené par les frères Peyron. Voilà l’espace qui leur est dédié. Heureusement que http://www.corum.ch n’est pas concerné par cette redirection :-)

Vous en pensez quoi ? Quelles sont les raisons de ces règles de protocole ? Récupérer le traffic en un seul point ?

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3 Comments

  1. Bressy 22/07/2011

    Je replace ce gros soucis dans un combat plus large que celui de l’America’s cup et encore plus large que celui de la voile : c’est le rapport de force entre organisateurs et coureurs.
    Le problème est similaire en F1, mais aussi présent dans le football, avec des enjeux autrement plus importants que dans la coupe America.
    Vous croyez qu’il joue avec quoi Bernie Ecclestone ? Et Platini quand il veut prendre la tête de la FIFA ? Ben là, on est dans la même situation avec Larry Ellison (sur la même lancée que son prédécesseur) : régenter l’épreuve de voile la plus prestigieuse. « Je ne veut voir qu’une seule tête » !
    Pour cela, il doit mettre les coureurs sous sa coupe franche. Soit vous acceptez, soit vous sortez, soit vous fabriquez un contre pouvoir puissant. Regardez :
    – les coureurs de F1 ont créés un syndicats, soutenu par les constructeurs ;
    – les clubs de foot professionnels ont acquis le droit de lever des fonds en bourse presque partout.
    Là, on crée un contre pouvoir.

    L’action de Team New Zealand, si elle ne fédère pas restera comme un coup d’épée dans l’eau. Il faut avoir une certaine distance pour se fédérer quand on est concurrents…

    Ceci dit, Team New Zealand avale des couleuvres avec cette coupe : ils auraient dû devenir les légitimes Challenger of Record après la défection du syndicat italien et hop, ils se sont fait prendre la place par Artemis, mené par Paul Cayard, grand ami de Russel Coutts.
    Les Néo Zélandais serait légitimes a prendre la tête d’une fronde des syndicats déjà financés (ce qui fait peu de monde…). En effet, il ne faut pas attendre grand chose des syndicats qui cherchent encore leur budget car leur attitude serait alors complètement schizophrène : d’un côté, ils visiteraient leurs prospects sponsors en affirmant que la Coupe, c’est formidable et de l’autre ils tireraient à boulet rouge sur l’organisateur. Cette situation, la crise actuelle profite à l’organisateur. Le pouvoir est du côté de l’organisateur, et encore pour longtemps…

    Toute proportion gardée, ne pensez vous pas que les coureurs de notre Tour de France à la Voile vivent le chemin mal pavé de Team New Zealand dans la coupe :
    – on leur impose un bateau mal pensé,
    – on leur augmente le coût d’une participation de 100%,
    – on leur refuse toute discussion concernant l’organisation,
    – on leur reproche de faire des propositions constructives,
    – on leur fait limite honte quand on vient dans leur club quémander un zodiac gratos,
    – on leur met à disposition des outils de communication bien loin de leurs attentes.
    Ca fait beaucoup tout de même (et encore, je ne sais pas tout, loin de là).
    On râle mais on revient… alors que ce sont les coureurs et les teams eux même qui auront assuré tous le spectacle et la saveur de ce Tour.

    Le pouvoir est du côté des organisateurs, même s’ils n’ont pas un copec. Allez comprendre ?

    Il y a des exemples en voile où le contre pouvoir existe et se fait respecter. Ce sont souvent les classes ou les associations de coureurs : Figaro, Mini, Imoca. Ca doit discuter fort, il doit y avoir des débats passionnés mais cela donne l’image de circuits assez harmonieux. Qu’en pensez vous ?

  2. Christophe 22/07/2011

    Il s’agit bien dans cette stratégie d’asseoir le pouvoir de l’organisateur et sans doute de pouvoir contrôler les contenus, l’avenir nous le dira. Il s’agit aussi d’une vision du marketing sportif très américaine (Cf NFL, NBA, etc.). L’exemple de la F1 n’est pas bon car les écuries ont chacune leur site officiel. C’est une vision qui pourrait être pertinente dans le cas où l’organisateur a les moyens de reverser une manne financière importante aux écuries qui serait immanquablement issue de 2 sources, la principale liée aux droits TV et la seconde liée à la billetterie, ce qui n’est malheureusement pas le cas de la voile, même quand il s’agit de la Coupe de l’America. En résumé cette stratégie aurait du être développée dans le cadre de l’événement en lui même en 2012 si l’organisateur réussit à vendre cher des droits TV et ceci en garantissant de la visibilité conséquente pour les sponsors des teams, mais en aucun cas quand les équipes recherchent de l’argent.
    Ceci étant dit, l’avenir du sport voile passe obligatoirement par des organisateurs forts qui imposent leurs vues, les classes gérées par des processus démocratiques ayant plus que montré leurs limites, si ce n’est aller dans le mur comme l’ORMA.

  3. HorizonNautique 25/07/2011

    1/ Eviter de réinventer le passé et l’activité du navigateur. Eviter de payer 3 ressources en communication pour auditer les aventures du navigateur et éviter de payer a grand coup d’agence web et de grosses factures, du dev web pour de la simple rédaction.
    Bref, un gain d’argent et de temps grâce à l’existant créé par le navigateur.

    2/ Conserver la notoriété des contenus et conserver la qualité du réferencement dans les moteurs.

    3/ Renforcer le positionnement du site America’s cup en prenant le contenu des autres. Il ne vit que si les navigateurs existent. et partagent.

    4/ Seul le navigateur à la connaissance des détails de ses expériences, des sensations, de ses réactions et qui mieux que lui peut fournir un contenu authentique attractif?

    5/ Et comme tout business, l’objectif est de protéger le fruit de ses projets et de les entretenir a coup de pub, au nom de l’America’s cup, via les réseaux sociaux.

    6/ Quand viennent d’autres courses, d’autres sponsors, on passe a d’autres contenus, ou de nouveaux sites informatifs, on garde que ce qui est politiquement en accord avec ce que veulent voir les nouveaux sponsors…
    C’est une affaire de marketing finalement, du webmarketing autour du sport.

    Voila ma petite connaissance du sujet.
    A+
    Eric @HorizonNautique

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